Introduire une alimentation autre que le lait chez le bébé est source de questionnement et parfois d'angoisse chez les parents. La fenêtre de diversification entre 4 et 8 mois d'âge permet d'introduire progressivement les aliments nécessaires au bon développement du nourrisson. Il faut savoir être patient et être à l'écoute du bébé pour mener à bien cette étape cruciale dans la progression de l'enfant vers le monde des plus grands.

Diversification alimentaire chez le nourrisson

Définition :

C’est l’introduction de tout apport alimentaire liquide ou solide chez le nourrisson en dehors du lait maternel (OMS).

Principes de base :

- Promouvoir en toute circonstance l’allaitement maternel , le sein est jusque là donné au besoin à chaque fois que bébé réclame, mais quand débute la diversification on commence à habituer bébé à des « horaires » qui deviendront au fur et à mesure assez réguliers.

- Les sociétés savantes parlent de fenêtre de diversification entre 4 mois et 8 mois pour tenir compte à la fois du développement psychomoteur de l’enfant, des besoins nutritionnels spécifiques à chaque âge et des risques éventuels concernant en particulier les allergies alimentaires.

L’OMS conseille de débuter la diversification à partir de 6 mois d’âge.

- Introduction progressive des aliments un par un pour vérifier la tolérance de chacun d’entre eux

- Ne pas forcer , proposer , renouveler la proposition plusieurs fois si un aliment est refusé.

Conduite pratique :

A partir de 4 mois et jusqu’à 6 mois :

-Apprendre les goûts des fruits et des légumes

-Apprendre à mâcher et avaler

-Garder le lait maternel (à la demande le jour , le moins possible la nuit) et/ou le lait artificiel (environ 500 ml/ jour si exclusif)

-Introduire un fruit le matin :le fruit est écrasé ou râpé , de préférence ni en jus ni en compote

-Introduire un légume à midi :le légume est cuit dans de l’eau ou à la vapeur , écrasé à la fourchette , si possible se passer du mixeur ou du batteur.

Le fait de donner un aliment qui n’est pas liquide à un bébé est source d’angoisse chez les parents, c’est une situation nouvelle pour eux aussi (ceci s’observe souvent même s’ils ont déjà eu un enfant auparavant) et ils doutent des capacités de leur bébé à pouvoir avaler sans faire de fausse route. Il faudra les rassurer et les accompagner si possible, en y allant progressivement, en donnant de petites quantités et en laissant le temps à l’enfant d’apprendre. On verra bébé accepter l’aliment dans sa bouche et souvent le pousser avec la langue pour le cracher ; il suffit alors de le remettre dans la bouche et bébé saura après quelques manœuvres plus ou moins réussies à pousser l’aliment vers son pharynx puis l’avaler.

On commence a présenter les divers aliments en début de journée, par exemple un fruit le matin vers 9 heures et un légume vers midi. L’enfant ayant habituellement eu une tétée ou pris un biberon tôt le matin.

Chaque jour un aliment nouveau est introduit, les parents ont largement le temps pendant ces deux mois de proposer un panel diversifié de fruits et légumes. Si aucune réaction n’est observée dans les heures qui suivent ( coliques , éruption , toux , vomissements , diarrhée ou tout autre signe inhabituel) un autre aliment est rajouté au premier le lendemain.

A ce stade il est bon d’y aller progressivement , le bébé apprend les goûts les arômes les parfums les odeurs et les textures des aliments , pour lui c’est une découverte, il ne faut pas oublier qu’il a son avis à donner et qu’il faut en tenir compte tout en se comportant en « professeur » ; l’adulte a un savoir à inculquer , l’enfant fera des grimaces pour exprimer son contentement ou son dégoût et l’adulte exprimera aussi sa satisfaction ou son désaccord selon le cas. Quand l’enfant accepte ce qui lui est proposé tout le monde est content et cela se voit et se ressent nettement , si l’enfant refuse , on lui signifie que l’on est pas d’accord mais on ne le force jamais , par contre on reviendra à la charge le lendemain ou les jours suivants autant de fois que l’on pourra.

Il est inutile de saler ou de sucrer les aliments donnés.

Les quantités sont en général définies par l’enfant , son appétit varie au cours de la journée et d’un jour à l’autre , au fur et à mesure on passe d’une cuillère à soupe à une petite assiette et il faut savoir s’arrêter quand bébé commence à se détourner de la cuillère.

Entre 6 et 8 mois d’âge :

Bébé nous étonne de plus en plus et nous montre qu’on peut lui faire confiance , il arrive à tenir de petits morceaux dans la main,les porter à sa bouche, les goûter, les mâcher et les avaler ou les recracher.

C’est donc la période pour introduire du gluten en donnant par exemple un morceau de pain (que les enfants adorent tenir et machouiller) ou en introduisant des farines de blé ou des pâtes cuites écrasées, d’autres céréales sont proposées ( riz mais etc ).

C’est aussi l’âge d’introduction des protéines et des graisses. L’enfant reçoit dans sa purée de légumes des morceaux bien écrasés de viande bovine, de volaille, de poisson et d’œuf ( il est habituel de commencer par donner le jaune puis le blanc).

La principale source de lipides sera de préférence l’huile d’olive qui viendra rehausser le goût des purées.

Une petite quantité d’eau est proposée à bébé à la fin du repas.

Le lait maternel est toujours le bienvenu et il est souvent possible de se passer du lait artificiel à cet âge si la maman peut assurer 3 à 4 tétées par jour. Sinon la quantité de lait artificiel reste toujours aux environs de 500 ml par jour répartis en 3 biberons : au réveil, vers 13 heures pour faire la sieste et au coucher le soir. Les deux repas sont proposés à midi et vers 18 ou 19 heures et deux collations à base de fruits vers 9 heures et 16 heures.

Le panel est élargi en fruits et légumes en protéines et en graisses toujours progressivement et toujours sans rompre le contrat de confiance établi avec l’enfant.

Diverses préparations alimentaires vendues dans le commerce sont bien adaptées aux différentes étapes de la diversification.

Entre 8 mois et un an :

L’enfant a beaucoup appris et il sait nous le montrer ! Son avis prend de plus en plus d’importance et son appétit est encore plus fluctuant. Il participe activement aux repas et intervient en tenant la cuillère pour la mettre dans la bouche ou nous en jeter le contenu à la figure ! Et il en met bien sur partout . Il faut justement en profiter pour l’accompagner dans cette quête d’autonomie et le laisser prendre des aliments et les porter à sa bouche. Bien sur la vigilance est toujours de mise et bien que bébé soit de plus en plus sûr de lui il ne faut pas baisser la garde et rester en permanence près de l‘enfant tant que dure le repas.

L’enfant peut donc participer au repas familial si les plats ne sont pas trop épicés ou top gras. D’ailleurs il délaisse souvent son assiette pour piquer dans celle des autres.

Le rythme reste le même avec deux repas et deux collations , on peut se passer du biberon de milieu de journée.

A cette âge l’enfant continue de découvrir et il se rapproche vers un an d’une alimentation de type adulte.

Sources :

  • Alimentation du nourrisson et du jeune enfant, Organisation Mondiale de la Santé.
  • Guidelines, ESPGHAN
Auteur de l'article
said yahi
pédiatre

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